background
logotype

Mythes, Contes et Légendes

Mythes

Le mythe agit qu’on le veuille ou non, que l’on en soit conscient ou non !yggdrasyl

« Ne pas questionner les mythes fondateurs en les négligeant, en les reléguant au rang de fables ne les empêchent pas de nous utiliser (inconscient collectif) et de nous manipuler pour parvenir à leurs fins. Les mythes sont des archétypes et à ce titre ils sont vivants ! … ils s’infiltre de l’inconscient collectif dans l’inconscient personnel » Luc Bigé dans son livre la force du symbolique. 

Qu’est-ce qu’un mythe ?
C’est une histoire qui explique quelque chose sous forme allégorique (une autre manière de dire les choses, très souvent en les personnifiant).

Le mythe a essentiellement pour but d’expliquer :

· la création du monde (genèse)
· les phénomènes naturels
· le statut de l'être humain, ses rapports avec le divin, la nature, les autres, etc...
· la genèse d'une société humaine et ses relations avec les autres sociétés.

Le langage des mythes
Le mythe n’est pas une histoire logique et rationnelle. Prendre le mythe pour une histoire vraie, c’est ne rien avoir compris à la signification du mythe ! Le langage est avant tout poétique, il utilise l’allégorie et la métaphore à tours de phrases !

Efficacité des mythes et des histoires
Dans son livre La fonction du mythe dans la pensée religieuse de la Grèce, J. Ruddhardt écrit : « Le mythe est un moyen de structurer, d'élever ainsi à la pleine conscience la part de ce quelque chose qui ne s'intègre pas dans les structures conceptuelles. [...] La présence du mythe élargit la conscience et contribue à la clarification de ce qui, sans lui, demeurerait un pressentiment obscur ».

En relisant les anciens mythes, nous nous rendons comptent que la « trame », l’ « image originelle » de ces histoires se retrouvent à différentes époques et à des lieux géographiques bien différents, voire très éloignés. Y aurait-il une structure commune à toute l’humanité dans sa croyance aux mythes ?

Autrefois les mythes et les contes étaient des transmissions orales et donc ces histoires pouvaient évoluer. En les écrivant elles se sont figées, ce qui est bien regrettable. A nous de réécrire nos mythes et légendes personnelles pour que nos vies puissent prendre ou reprendre un nouvel essor à la mesure et hauteur de nos attentes....

Légendes

licorneLes légendes

« Située sur la Route Romane d'Alsace, l'Eglise Saints Pierre et Paul d'Ottmarsheim est un joyau de l'architecture romane au XIème siècle. Edifiée entre 1020 et 1030 par Rodolphe d'Altenbourg, l'un des fondateurs de la famille des Habsbourg, elle est consacrée en 1049 par le Pape alsacien Léon IX. Son plan centré octogonal, copie de la Chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle, en fait un édifice unique de l'architecture religieuse en Alsace »… et une légende raconte...

...que le comte d’Eguisheim consultait régulièrement des astrologues qui vantaient ses qualités et son prestige. Mais un jour ceux-ci l’informèrent, que certes il était un homme brillant et honorable, mais que son fils allait le surpasser et qu’il était promis à un très brillant avenir ! De colère et de rage, à l’idée que son fils allait peut-être un jour lui ravir sa place, il demanda à l’un de ses chasseurs d’emmener son fils dans la forêt et de le tuer. Heureusement le chasseur était un brave homme et il n’eut pas le cœur de tuer un enfant si gentil et si jeune. Il le laissa s’enfuir et il fut recueilli par des moines qui lui donnèrent une bonne éducation.

Et en 1049, lorsque le Pape Léon IX se rendit à Ottmarsheim pour y consacré l’Eglise, le comte d’Eguisheim demanda une audience auprès du chef de l’Eglise. Il lui confessa son crime atroce et demanda que faire pour avoir le pardon de Dieu. A ce moment Léon IX répondit : ne vous tracassez pas, je suis votre fils, toujours en vie et je vous pardonne.

Cette légende ne rappelle-t-elle pas….. le conte de Blanche Neige…

Ecrire sa "Légende personnelle" avec les voyages chamaniques/imagination active

C'est partir à la conquête d'un territoire inconnu: son inconscient qui vit selon ses propres croyances, ses mythes et ses fantasmes.

Par le biais des "voyages chamaniques", "rêves éveillés" ou de "l'imagination active" (redécouverte par C.G. Jung), nous avons accès à nos légendes personnelles, aux contes que nous nous racontons inconsciemment et aux mythes qui agissent en nous. Ils influencent notre vie, notre destinée, nous font agir souvent à l'encontre de notre volonté consciente. Mais comme tous les mythes et toutes les légendes, ces histoires sont pleines de symbolisme, qui est le langage de l'inconscient. Le travail le plus difficile et le plus bénéfique consiste dans leur interprétation.

Une signification générale et indifférenciée pour un symbole n'existe pas. Le sens du symbole est individuel. Il n'y a pas de clé d'interprétation universelle. Il est toujours attirant de se laisser séduire par des « dictionnaires de symboles » ou par des « clés des songes », qui peuvent certes donner des idées générales en fonction des cultures, mais le symbole ne révèle réellement son véritable sens qu'en passant par le crible de l'expérience personnelle. L'imagination active sont une voie d'évolution personnelle et spirituelle qui s'inscrit dans un parcours ouvert sur l'intuition retrouvée et libérée. L'action sur l'inconscient est directe, sans intermédiaire, et n'est plus perturbée par un mental qui peut « jouer » au chat et à la souris pendant des années et ainsi faire perdre un temps précieux. L'inconscient ne peut pas tromper. Le Guide, c'est la « Sagesse Intérieure » qui est en chacun de nous.

C.G. Jung écrivait: « L'inconscient SAIT des choses ; il connaît le passé et l'avenir, il sait des choses qui concernent d'autres personnes ». Il appelait cela le « savoir absolu de l'inconscient ». En ayant accès à l'inconscient, nous avons forcément accès à ce savoir absolu. Ces exercices "ne sont que" des manières analogiques et symboliques de mettre des mots, des phrases, des concepts mentaux sur ce que glanent notre intuition, notre 6ème sens, notre « petite voix » ou ce que nous dit notre « petit doigt »...

En pratique...

Différentes techniques sont possibles : relaxation, tambour chamanique ou CD avec des rythmes de 3 Hertz... à chacun de trouver la méthode qui lui sied.

Puis l'attention se focalise sur une image, un endroit, une impression visuelle, et on observe. Ce que l'on observe bouge, évolue, s'enrichit, se transforme. Il faut éliminer toute critique pouvant provenir de la raison, ne pas chercher à réfléchir ou trouver des solutions, mais simplement regarder avec une objectivité absolue. Il s'agit d'arrêter le discours verbal et mental, de mettre une image ou une histoire sur une émotion, une énergie psychique. Ensuite on « rentre » dans cette histoire, on s'y confronte et on la vit pleinement en laissant de côté un conscient qui serait juge de la situation. On sera tenté de penser que ces « voyages » sont une expérience étrange, mais dès que l'on accepte le fait qu'il s'agisse de l'expression d'une réalité inconsciente, la marche vers l'évolution est entamée.

Mettre des images, des histoires, sur des émotions qui s'agitent dans l'inconscient, procure une grande sensation de paix. Ce qui resterait au stade d'un sourd pressentiment, d'une vague sensation de mal-être, ou d'inconfort incompréhensible pour la conscience, devient conscient et apaise l'être dans sa globalité.

Ensuite le voyage chamanique s'interprète de la même façon qu'un rêve. « C'est le fait de comprendre qui sauve de la paralysie de l'état d'inconscience. Voir les images de l'inconscient ne suffit pas. Si nous ne comprenons leur sens, nous restons des enfants sur le plan spirituel, sujets à l'envoûtement du destin » écrit Esther Harding dans Les mystères de la femme. Comprendre chaque image permet de tirer les conséquences éthiques qu'elles impliquent. Il ne s'agit pas de "tourisme" mais d'un engagement sincère sur un chemin d'évolution.

Contes

porte« Les histoires soignent, elles ont un immense pouvoir. Elles ne nous demandent rien sauf de les écouter. Elles contiennent les remèdes pour régénérer les pulsions psychiques perdues. Elles engendrent l’excitation, la tristesse, les interrogations, la nostalgie, la compréhension qui ramènent spontanément à la surface l’archétype, en l’occurrence, celui de la Femme Sauvage » - Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estès.

Le conte est un formidable outil thérapeutique. Son langage symbolique, comme celui des rêves parle directement à l’inconscient, et la manière de l’interpréter influence notre vision du monde et notre façon d’être. En comprenant les contes nous réalisons qu’ils sont loin de l’image « histoires pour endormir les enfants » mais représentent une véritable cartographie de l’évolution personnelle et spirituelle.

Les personnages des contes dont des images de processus archétypiques, des personnifications de nos énergies psychiques inconscientes. En s’identifiant à l’une ou à l’autre, le processus devient conscient, ce qui rend disponible l'énergie qui était nécessaire pour la maintenir inconsciente.

Les archétypes sont vivants, rien n’est figé, tout est mouvement, changement, transformation. La thérapie est le fait de se réapproprier le pouvoir de changer les choses. Ainsi on peut écrire, re-écrire, modifier au gré de notre imaginaire les contes et les histoires, nous mettant en relation avec notre imagination, la "Mère de tous les possibles"...

En entendant le mythe ou le conte, notre inconscient trouve dans un langage qu’il comprend, qui lui est accessible, des nouvelles solutions, des clés. Il comprend comment éveiller des nouveaux potentiels et des nouvelles ressources qui étaient en sommeil jusqu’à présent, bref il reçoit un mode d’emploi, une cartographie pour arriver à une fin heureuse ! Il s’aligne sur la trame de l’histoire, s’en imprègne et vivra en fonction de l’histoire.

2019  Des Racines et des Arts